Le groupe

Camel Arioui

Quel étonnant destin de Camel, Il joue un peu de guitare, a déjà un groove qui louche sur Sting, Paco de Lucia et le spleen de Balavoine, joli croisement stimulé par d’autres musiciens gitans, comme lui derrière les barreaux. (J’ai été chercheur d’or, pilleur de grands cru, deux trois coffre-forts, châteaux mis à nus) « Là-bas, on a tout le temps pour aller au fond de soi / On creuse le vernis. » Le destin est facétieux, fait de rencontres. Jean-Louis Foulquier en visite à l’atelier musique, le remarque et l’encourage. Puis vient Pierre Soler, directeur de la Maline, salle sur l’Ile de Ré, alors intervenant à l’atelier théâtre de la Maison Centrale : « Si tu veux, je te lance dans la musique!» Et c’est un premier concert, en novembre 2006, sans menottes, n’y entrave, à la Maline, presque à l’ombre des hauts murs, où Camel montre « ce qu’il sait faire » et au propre comme au figuré, enchante : succès et billet de sortie : une hirondelle en liberté conditionnelle « La musique est passée au travers des murs : j’ai revu la lumière, ça fait du bien aux yeux ! » Pierre Soler va plus loin, qui associe à sa démarche d’autres salles, celles de La Scène atlantique et de son réseau, le G-19.
Voici Camel A, pleinement artiste qui, chaque soir, fait montre de son talent. Et, sans mal, fait oublier une biographie que chérissent les télés, pour imposer son incroyable sens de la mélodie et poésie de mots, son univers, qui fourmillent de vie, de lumière.
Après six années de travail et l’école de la scène faite de plus de 350 concerts en 6 ans (dont les premières parties choisies de Jacques Higelin, Sanseverino, Olivia Ruiz, la Rue Kétanou, Louis Bertignac, Loïc Antoine, Ridan et pas mal d’autres du même tonneau).
Festival : Poupey >, Musicalarue >, Paroles et musiques, les Sarabandes. L'imprévu.
C’est à la fois présent et avenir, dans un discours prospectif, volontairement positif, même quand il évoque Chrysalide, un hommage la petite voix douce qu'il entendait derrière la vitre du parloir, sa compagne décédé d’un cancer en mars 2010. C’est pour le profiler dans un futur apaisé. Avec lui les mots tournoient, parfois foudroient et se posent avec une infinie délicatesse.
L’écriture de Camel Arioui est vertueuse elle unit le populaire au lettré, dans le respect évident de sa langue d’adoption. La voix fait aussi calligraphie ; l’accent finit les arabesques
au service de la chanson variété pop.

Guitare chant, violoncelle, guitare manouche, percussions, comme quand on se chuchote à l’oreille mille confidences, autant de souvenirs et plus encore de lendemains qui chantent. Camel A est ailleurs, dans une chanson racée comme rarement, intime et universelle à la fois, qui épouse la panoplie des sentiments humains.